Aurélie
Alexandre
Séverine
Eloi
« Nous sommes six agriculteurs installés entre Marray, Les Hermites et Chemillé sur Dême, au bord de la Dême et de la Dêmée. Nous y élevons des vaches et des moutons ; nous y cultivons blé, maïs, colza, orge, luzerne depuis longtemps.
Nos exploitations ont subi des chocs ces dernières années. Chocs économiques (prix en baisse avec augmentation des charges), chocs climatiques (avec les aléas climatiques à répétition, les quantités produites sont menacées).
Face à ces difficultés, nous cherchons des solutions collectives. Nous avons étudié l’agrivoltaïsme qui présente l’avantage d’avoir une production d’énergie en plus de la production agricole. Côté agricole, elle permet de protéger nos prairies du stress hydrique, d’offrir de l’ombre à nos animaux, de diversifier nos rotations. De plus, elle nous procurera une recette complémentaire.
Tout cela nous permettra de garder nos exploitations à taille humaine et de les rendre plus transmissible à la génération suivante. Notre projet agrivoltaïque nous aidera à garder de l’élevage sur le plateau et à améliorer notre autonomie en protéines.
Nous avons choisi GLHD pour l’ingénierie, mais le projet reste le nôtre ; c’est pourquoi nous ouvrons une concertation volontaire le 26 janvier prochain.
Nous ne cherchons pas à arrêter de produire, bien au contraire ; nous cherchons à nous adapter aux évolutions de la société, du climat, à produire mieux, durablement et à rester soudés. »
Les producteurs, Aurélie, Alexandre, Damien, Séverine, Eloi et Odile
Sur le plateau du Val de Dême, 4 exploitations voisines – cultures, vergers, ovins, porcins et lait – ont souhaité mutualiser leurs forces pour étudier la possibilité d’associer leurs pratiques agricoles à la production d’énergie solaire.
L’objectif commun est de consolider les fermes existantes sans recourir à l’agrandissement foncier, tout en créant une dynamique de territoire.
Les exploitations subissent aujourd’hui des aléas climatiques plus fréquents, une baisse tendancielle de productivité et une pression réglementaire accrue (mises aux normes, facturation dématérialisée, contrôles). Ces contraintes s’ajoutent aux exigences nationales de réduction d’intrants, de neutralité carbone et de bien-être animal.
Cohésion
Renforcer la cohésion territoriale en créant un projet à gouvernance partagée, alternative à l’agrandissement continu des structures.
Diversification
Diversifier techniquement les rotations en introduisant ou en renforçant luzerne, trèfle et autres protéagineux recherchés pour l’autonomie alimentaire des exploitations.
Transmission
Soutenir l’installation de nouvelles générations grâce à des trésoreries moins exposées aux aléas.
Protection & préservation
Protéger les cultures et l’élevage : l’ombrage des panneaux limite le stress hydrique, préserve la qualité des fourrages et améliore le confort animal.
Sécurisation des revenus
Sécuriser les revenus des fermes en ajoutant un filet de sécurité qui amortit la volatilité des marchés et facilite l’investissement.
Transition énergétique
Contribuer à la transition énergétique locale en injectant de l’électricité renouvelable dans le réseau et en participant aux objectifs de la région Centre-Val de Loire.
Les 4 exploitations voisines pourtant très différentes les unes des autres – cultures, vergers, ovins, porcins et lait – ont souhaité mutualiser leurs forces pour étudier la possibilité d’associer leurs pratiques agricoles à la production d’énergie solaire. Leur diversité permet de faire la force de ce collectif qui souhaite se réunir autour de leurs souhaits et objectifs communs : préserver et consolider les fermes de taille humaine existantes sans recourir à l’agrandissement foncier, tout en créant une dynamique de territoire et en s’entraidant pour maintenir l’élevage du territoire.
Le paysage rural du plateau agricole du Val de Dême, zone du projet des Fermes Ensoleillées du Val de Dême et caractéristique du plateau agricole du Gâtinais tourangeau, forme un trait d’union entre les deux cours d’eau du territoire : la Dême et la Dêmée. Il est apparu comme une évidence de faire apparaître ces particularités locales dans l’identité du projet en plus de la diversité des exploitations du projet.
“ L’époque où chaque ferme se débrouillait seule est révolue : ce projet est d’abord un acte de solidarité agricole. En 2024, on n’a même pas pu emblaver ; on a semé au printemps et l’humidité a tout ravagé. Les rendements sont restés catastrophiques tandis que les cours mondiaux des céréales, eux, ne tiennent aucun compte de nos galères locales. Les charges grimpent, les contrôles se multiplient, l’administratif nous étouffe… Avec l’agrivoltaïsme collectif, on crée enfin une bouffée d’air : on valorise mieux notre production, on sécurise la vente et, surtout, on s’assied autour de la même table pour partager nos difficultés et nos solutions. “
“ Trop souvent, on critique les fermes qui s’agrandissent sans jamais rien proposer pour soutenir les petites et moyennes exploitations. Ce projet agrivoltaïque est exactement ce qu’il nous fallait : un levier pour pérenniser nos fermes et montrer qu’il existe une autre voie, équilibrée et durable. Grâce à l’énergie solaire, nous pouvons coexister plutôt que grossir sans limite ; c’est la garantie que nos exploitations resteront vivantes et ancrées dans le territoire. “
Associé à Damien Naudin
“ Avec nos 200 hectares partagés entre cultures et une centaine de vaches laitières, notre priorité est claire : pérenniser l’exploitation ; sinon, dans quelques années, certains d’entre nous ne serons plus autour de la table. L’agrivoltaïsme collectif nous offre cette entrée fixe et stable qui manquait pour sécuriser les revenus et diversifier notre activité pour trouver une autonomie alimentaire sur la ferme. Et, surtout, il nous force à nous asseoir ensemble : on ne se connaissait pas vraiment, mais ce projet nous oblige à parler, à écouter les difficultés des uns et des autres, et à avancer comme un véritable collectif. “
Associé à Odile Canon
“ C’est une vraie opportunité pour le développement de l’élevage : nous voulons que nos moutons pâturent aussi à Marray. Aujourd’hui, les rendements sont trop aléatoires ; tous les quatre ans les aléas climatiques nous tombent dessus, alors qu’autrefois c’était tous les dix, c’était encore soutenable. L’agrivoltaïsme devient donc la piste de développement qui nous manquait : on crée de la valeur supplémentaire sur la même surface et on sécurise nos revenus. C’est un projet enthousiasmant ; on va de l’avant, et c’est très positif. “